Contribution libre
#45. Se déplacer, se loger et préserver durablement l’ADN de notre territoire.
Bonjour,
Ayant vécu depuis mon enfance, et encore récemment, sur la commune de Nomain, j’y ai constaté l’expansion du village et de nombreux changements sur l’ensemble du territoire du Pévèle ces dernières années. Influé par la dynamique économique de la MEL ainsi qu’un boom démographique à l’échelle locale avec une accélération conséquente depuis la COVID. J’aimerais vous apporter mon point de vue ainsi que des pistes d’améliorations, qui mériteraient à mon sens la mise en place d’actions concrètes :
1 – Mobilité & Transport en commun, un réajustement ainsi que des investissements nécessaires :
Je regrette une désertification de nos pouvoirs publics :
La ligne d’Orchies à Lille a perdu une part de son intérêt, en concentrant ses arrêts sur des communes plus importantes (Landas, Orchies, Templeuve, Fretin, Lesquin), au détriment d’arrêts plus locaux (Nomain, Ennevelin, Mont-de-Terre) qui sont tombés à deux allers-retours par jour… en semaine uniquement !
Par conséquent, les parkings des gares débordent malgré leur extension (à Orchies et à Templeuve notamment). Quand d’autres préfèrent privilégier leur voiture pour se rendre au travail, les abords des autoroutes sont vite saturés (Seclin pour l’A1 et Orchies pour l’A23). Les répercussions lors de travaux ou d’accidents malencontreux augmentent fortement ce risque à tout instant.
Mais aussi sur de plus petits axes comme sur la commune de Sainghin-en-Mélantois, Bouvines et même aux abords de Cysoing. Pour faire face à ce flux, un renforcement de la sensibilisation et des aides aux covoiturages avait été mis en place, mais cela ne semble pas avoir un impact d’envergure.
C’est pourquoi le train se présente comme une sérieuse alternative durable, qui mérite d’être renforcée à proximité de la MEL. En Belgique, des trains P ou L de proximité circulent en plus aux heures de pointe afin de renforcer et de diversifier les arrêts, ne pourrait-on pas en prendre exemple ?
Pourtant, nous ne manquons pas d’infrastructure existante, comme le soulignent d’autres posts à ce sujet. Une autre ligne qui relie Orchies à Ascq, abandonnée après les années 2010, attend toujours sa reconversion, malgré l’insistance des élus locaux et de leurs habitants.
Elle est encore « exploitable », des associations comme « La Tousàvélo », que je remercie pour leur travail de bénévole, entretiennent les voies sur les communes de Genech et de Cysoing. La gare d’Orchies comporte de nombreuses voies abandonnées, qui pourraient être utilisées comme un site logistique & technique.
Rappelons qu’elle comporte de nombreux avantages pour le dynamisme économique des villages traversés : pour leur commerce de proximité, mais aussi pour les personnes travaillant sur Villeneuve-d’Ascq (où sont concentrées de nombreuses entreprises et de plus en plus d’ailleurs). Il faut souligner aussi la présence des lycées à proximité, parfois immédiate, de la ligne existante.
Par exemple, une partie des lycéens de Charlotte Perriand et de l’institut de Genech (plus de 3000 élèves) qui doivent se rendre dans leur établissement préfèrent privilégier leurs propres moyens de locomotion à défaut d'une offre plus flexible face à leurs contraintes horaires. Les bus ne pouvant pas faire face à une telle demande sur toutes les communes desservies.
Par conséquent, les parkings débordent là aussi de voiturettes sans permis. C’est également plus sécurisant de la sorte pour eux aussi, car les grands axes de Cysoing, Mouchin, Nomain vers Genech ne sont pas aménagés pour les mobilités douces. Les voitures roulant parfois à vive allure sur ces routes qui sont devenues très accidentogènes.
Des propositions pertinentes, pourtant, ont été envisagées sur cet axe abandonné : l’arrivée d’un tramway ou plus récemment d’une navette autonome, ainsi que dans une moindre mesure une voie verte, destinée à la mobilité douce permettant de limiter ces problématiques à long terme, mais rien n’est fait et les discussions s’éternisent depuis des années…
Je suis conscient des nombreuses problématiques liées aux coûts et aux normes d’un tel projet, mais nous ne pouvons plus attendre, la ligne se dégrade de jour en jour. Nous manquons cruellement de pragmatisme de la part de l’ensemble des acteurs du pouvoir et du service public. À l’heure de la transition écologique, où l’envie des citoyen(ne)s de se tourner vers d’autres modes de déplacement est de plus en plus forte, mais aussi, sur un territoire où l’on accueille toujours plus de nouvelles familles. Il est temps d’agir le plus rapidement possible !
2 – Accès aux logements, agriculture et artificialisation des sols : protégeons notre ruralité.
Autre conséquence, c’est l’accès au logement qui se dégrade. Moi-même, jeune trentenaire qui est à la recherche active d’un bien à acquérir, je constate que c’est un véritable casse-tête. Et encore, je ne parle ici de l’accès à la location et de leur prix délirant, mais c’est un tout autre sujet très inquiétant.
Nous favorisons la construction plutôt que la réhabilitation ou la rénovation de nos logements, étant souvent plus contraignants et couteux. Dans les villes, mais de plus en plus dans les communes rurales : Templeuve ou Orchies sont déjà saturés par la bétonisation de leurs sols, ce sont des exemples frappants là où, il y a encore quelques années, des agriculteurs existaient et des terres agricoles étaient exploitées à proximité du centre-ville.
Il est vrai certes qu’une bonne partie des agriculteurs vont partir à la retraite prochainement et ne seront probablement pas remplacés, mais ne va-t-on pas perdre l’ADN de notre territoire, si nous ne faisons rien pour les protéger ? En dehors de notre biodiversité qui se dégrade pour notre avenir, c’est toute l’économie locale qui est en péril. Les fermes avec leur commerce de proximité, permettant d’accès à une alimentation saine et de qualité.
Des aides pour l’implantation de nouvelles exploitations (biologique ou raisonnée dans l’idéal) seraient les bienvenues, avec pourquoi pas la création d’un écosystème bénéfique pour alimenter les cantines à proximité. Tout comme la mise en place de zones de préservation, non constructibles, les PLU étant de plus en plus généreux, et étendent les possibilités qui profitent parfois à des promoteurs en quête de rentabilité.
Alors, comment se loger sans altérer notre territoire ? Je ne demande pas à construire d’immenses immeubles, au milieu de nos champs, mais plutôt à avoir un regard critique sur les constructions qui ont été réalisées ainsi que sur les futurs projets.
Les biens ainsi que les terrains sont de plus en plus chers, rares et de moins en moins accessibles Il faut mettre l’accent sur l’optimisation de nos ressources et l’accès à des logements plus collectifs. À Nomain, par exemple, un lotissement en parallèle du centre a été construit.
Un nombre incalculable de maisons individuelles est sorti de terre, mais aucun appartement n’a été proposé. Il est vrai que sortir de la ville pour aller à la campagne est souvent signe d’envie d’émancipation et d’espace vert, mais mixer l’offre aurait été plus judicieux pour les primo-accédants. C’est peut-être un sujet plutôt d’ordre national, mais je trouve cela dommage qu'il n’y ait pas d'initiatives dans ce sens à l’échelle locale.
On peut porter cette réflexion sur des projets à plus grande échelle, comme pour l’extension de l’aéroport de Lesquin. Est-il vraiment nécessaire ? Ne doit-on pas chercher plus d’efficacité plutôt que de la performance ? En négligeant en plus la qualité de vie des habitants et en détruisant des terres agricoles environnantes.
C’est peut-être le revers de la médaille de l’attractivité de notre territoire, porté par un cadre de vie agréable, avec de nombreuses infrastructures pertinentes, mais qui je pense reste fragile face à ces nombreux changements qui altèrent durablement notre paysage. Afin de protéger cet environnement et d’en limiter l’impact, j’aimerais interpeller sur la nécessité d’encadrer cette transformation par un cap cohérent pour notre avenir ainsi que pour le bien commun.
Je vous en remercie par avance.
Ayant vécu depuis mon enfance, et encore récemment, sur la commune de Nomain, j’y ai constaté l’expansion du village et de nombreux changements sur l’ensemble du territoire du Pévèle ces dernières années. Influé par la dynamique économique de la MEL ainsi qu’un boom démographique à l’échelle locale avec une accélération conséquente depuis la COVID. J’aimerais vous apporter mon point de vue ainsi que des pistes d’améliorations, qui mériteraient à mon sens la mise en place d’actions concrètes :
1 – Mobilité & Transport en commun, un réajustement ainsi que des investissements nécessaires :
Je regrette une désertification de nos pouvoirs publics :
La ligne d’Orchies à Lille a perdu une part de son intérêt, en concentrant ses arrêts sur des communes plus importantes (Landas, Orchies, Templeuve, Fretin, Lesquin), au détriment d’arrêts plus locaux (Nomain, Ennevelin, Mont-de-Terre) qui sont tombés à deux allers-retours par jour… en semaine uniquement !
Par conséquent, les parkings des gares débordent malgré leur extension (à Orchies et à Templeuve notamment). Quand d’autres préfèrent privilégier leur voiture pour se rendre au travail, les abords des autoroutes sont vite saturés (Seclin pour l’A1 et Orchies pour l’A23). Les répercussions lors de travaux ou d’accidents malencontreux augmentent fortement ce risque à tout instant.
Mais aussi sur de plus petits axes comme sur la commune de Sainghin-en-Mélantois, Bouvines et même aux abords de Cysoing. Pour faire face à ce flux, un renforcement de la sensibilisation et des aides aux covoiturages avait été mis en place, mais cela ne semble pas avoir un impact d’envergure.
C’est pourquoi le train se présente comme une sérieuse alternative durable, qui mérite d’être renforcée à proximité de la MEL. En Belgique, des trains P ou L de proximité circulent en plus aux heures de pointe afin de renforcer et de diversifier les arrêts, ne pourrait-on pas en prendre exemple ?
Pourtant, nous ne manquons pas d’infrastructure existante, comme le soulignent d’autres posts à ce sujet. Une autre ligne qui relie Orchies à Ascq, abandonnée après les années 2010, attend toujours sa reconversion, malgré l’insistance des élus locaux et de leurs habitants.
Elle est encore « exploitable », des associations comme « La Tousàvélo », que je remercie pour leur travail de bénévole, entretiennent les voies sur les communes de Genech et de Cysoing. La gare d’Orchies comporte de nombreuses voies abandonnées, qui pourraient être utilisées comme un site logistique & technique.
Rappelons qu’elle comporte de nombreux avantages pour le dynamisme économique des villages traversés : pour leur commerce de proximité, mais aussi pour les personnes travaillant sur Villeneuve-d’Ascq (où sont concentrées de nombreuses entreprises et de plus en plus d’ailleurs). Il faut souligner aussi la présence des lycées à proximité, parfois immédiate, de la ligne existante.
Par exemple, une partie des lycéens de Charlotte Perriand et de l’institut de Genech (plus de 3000 élèves) qui doivent se rendre dans leur établissement préfèrent privilégier leurs propres moyens de locomotion à défaut d'une offre plus flexible face à leurs contraintes horaires. Les bus ne pouvant pas faire face à une telle demande sur toutes les communes desservies.
Par conséquent, les parkings débordent là aussi de voiturettes sans permis. C’est également plus sécurisant de la sorte pour eux aussi, car les grands axes de Cysoing, Mouchin, Nomain vers Genech ne sont pas aménagés pour les mobilités douces. Les voitures roulant parfois à vive allure sur ces routes qui sont devenues très accidentogènes.
Des propositions pertinentes, pourtant, ont été envisagées sur cet axe abandonné : l’arrivée d’un tramway ou plus récemment d’une navette autonome, ainsi que dans une moindre mesure une voie verte, destinée à la mobilité douce permettant de limiter ces problématiques à long terme, mais rien n’est fait et les discussions s’éternisent depuis des années…
Je suis conscient des nombreuses problématiques liées aux coûts et aux normes d’un tel projet, mais nous ne pouvons plus attendre, la ligne se dégrade de jour en jour. Nous manquons cruellement de pragmatisme de la part de l’ensemble des acteurs du pouvoir et du service public. À l’heure de la transition écologique, où l’envie des citoyen(ne)s de se tourner vers d’autres modes de déplacement est de plus en plus forte, mais aussi, sur un territoire où l’on accueille toujours plus de nouvelles familles. Il est temps d’agir le plus rapidement possible !
2 – Accès aux logements, agriculture et artificialisation des sols : protégeons notre ruralité.
Autre conséquence, c’est l’accès au logement qui se dégrade. Moi-même, jeune trentenaire qui est à la recherche active d’un bien à acquérir, je constate que c’est un véritable casse-tête. Et encore, je ne parle ici de l’accès à la location et de leur prix délirant, mais c’est un tout autre sujet très inquiétant.
Nous favorisons la construction plutôt que la réhabilitation ou la rénovation de nos logements, étant souvent plus contraignants et couteux. Dans les villes, mais de plus en plus dans les communes rurales : Templeuve ou Orchies sont déjà saturés par la bétonisation de leurs sols, ce sont des exemples frappants là où, il y a encore quelques années, des agriculteurs existaient et des terres agricoles étaient exploitées à proximité du centre-ville.
Il est vrai certes qu’une bonne partie des agriculteurs vont partir à la retraite prochainement et ne seront probablement pas remplacés, mais ne va-t-on pas perdre l’ADN de notre territoire, si nous ne faisons rien pour les protéger ? En dehors de notre biodiversité qui se dégrade pour notre avenir, c’est toute l’économie locale qui est en péril. Les fermes avec leur commerce de proximité, permettant d’accès à une alimentation saine et de qualité.
Des aides pour l’implantation de nouvelles exploitations (biologique ou raisonnée dans l’idéal) seraient les bienvenues, avec pourquoi pas la création d’un écosystème bénéfique pour alimenter les cantines à proximité. Tout comme la mise en place de zones de préservation, non constructibles, les PLU étant de plus en plus généreux, et étendent les possibilités qui profitent parfois à des promoteurs en quête de rentabilité.
Alors, comment se loger sans altérer notre territoire ? Je ne demande pas à construire d’immenses immeubles, au milieu de nos champs, mais plutôt à avoir un regard critique sur les constructions qui ont été réalisées ainsi que sur les futurs projets.
Les biens ainsi que les terrains sont de plus en plus chers, rares et de moins en moins accessibles Il faut mettre l’accent sur l’optimisation de nos ressources et l’accès à des logements plus collectifs. À Nomain, par exemple, un lotissement en parallèle du centre a été construit.
Un nombre incalculable de maisons individuelles est sorti de terre, mais aucun appartement n’a été proposé. Il est vrai que sortir de la ville pour aller à la campagne est souvent signe d’envie d’émancipation et d’espace vert, mais mixer l’offre aurait été plus judicieux pour les primo-accédants. C’est peut-être un sujet plutôt d’ordre national, mais je trouve cela dommage qu'il n’y ait pas d'initiatives dans ce sens à l’échelle locale.
On peut porter cette réflexion sur des projets à plus grande échelle, comme pour l’extension de l’aéroport de Lesquin. Est-il vraiment nécessaire ? Ne doit-on pas chercher plus d’efficacité plutôt que de la performance ? En négligeant en plus la qualité de vie des habitants et en détruisant des terres agricoles environnantes.
C’est peut-être le revers de la médaille de l’attractivité de notre territoire, porté par un cadre de vie agréable, avec de nombreuses infrastructures pertinentes, mais qui je pense reste fragile face à ces nombreux changements qui altèrent durablement notre paysage. Afin de protéger cet environnement et d’en limiter l’impact, j’aimerais interpeller sur la nécessité d’encadrer cette transformation par un cap cohérent pour notre avenir ainsi que pour le bien commun.
Je vous en remercie par avance.